À LA DÉCOUVERTE DE LA COHORTE DES ARTISANS 2018 2/2

À LA DÉCOUVERTE DE LA COHORTE DES ARTISANS 2018 2/2

En collaboration avec Signé Local

Dans le cadre de notre collaboration avec le Quartier Artisan – L’accélérateur des artisans du Québec, Signé Local vous présente la nouvelle cohorte qui compte les huit artisans/entrepreneurs qui ont commencé leur formation :

Cindy Labrecque céramiste

Cindy Labrecque a toujours eu une fibre artistique forte, et ce, depuis son enfance; les études en arts étaient donc inévitables. Après une technique en métiers d’arts, option céramique, elle désirait continuer d’élargir ses horizons avec un bac en arts visuels, dans lequel elle s’est spécialisée en nouveaux médias (photographie et vidéo). Pour ajouter à ce curriculum déjà garni, Cindy a aussi travaillé comme graphiste en entreprise pendant quelques années, avant de se lancer à son compte.

Elle s’est intéressée au transfert d’images sur céramique dès la fin de ses études, lui permettant de retravailler ses dessins et ses photographies pour créer des objets utilitaires et décoratifs, ou encore, des pièces d’expression. «À travers les années, j’ai poursuivi des recherches dans ces techniques-là, parce que ça me permet d’obtenir un résultat vraiment unique. C’est une façon de rassembler tous mes intérêts dans un seul et même projet», explique la céramiste.

Cindy Labrecque Céramiste

Les pièces de Cindy sont uniques puisqu’elle intègre les nouvelles technologies dans ce médium millénaire: «c’est tellement diversifié, c’est vraiment créatif comme médium. Je regarde mes collègues céramistes et personne ne fait la même chose. Il y a vraiment plus de possibilités maintenant qu’avant, justement à cause de l’évolution qu’il y a eu, notamment avec les pigments synthétiques qui permettent d’avoir des couleurs plus vives, des techniques comme le transfert d’images qui permettent d’avoir des résultats qui étaient plus compliqués [à obtenir] avant», constate Cindy.

Si elle n’aspire pas à faire grossir son entreprise, elle souhaite toutefois pouvoir en vivre, engager des employés et créer des collaborations. Simple et sans extravagance, son but dénote, pour la jeune artisane, d’une grande beauté: atteindre un équilibre de vie sain entre le travail et la création.

Inspirée par le graphisme, le vintage et la nature, elle aime travailler avec la photographie et jouer avec l’histoire et l’évolution des objets. Elle utilise des techniques artisanales comme le tournage et le moulage.

Enfin, Quartier Artisan vient l’outiller davantage comme entrepreneure. «Quand on est artiste, il faut travailler encore plus fort ce côté-là, car ce n’est pas nécessairement inné, mais c’est essentiel. C’est comme une autre partie de mon cerveau qui travaille. La gestion et la création sont deux parties distinctes», explique-t-elle. Même si la majorité de son temps est mis dans la production, sa créativité est omniprésente: elle élabore et réfléchit constamment de nouveaux produits. Elle consacre une journée par semaine aux tâches administratives de son entreprise.

Ga-Oh

Natalie Tessier était gestionnaire dans le domaine de la télévision et du cinéma, mais souhaitait surtout lancer son entreprise. À la recherche du bon moment, elle voulait créer un produit qui serait bénéfique pour l’environnement, un produit qu’elle pourrait créer chez elle. Pour elle, Quartier artisan permet d’être entouré. En effet, «les start-ups ont de l’aide, mais pour les artisans, c’est plus difficile».

Amatrice d’eau et de sports nautiques, Natalie a constaté un manque dans le domaine de la voile au Québec et en Ontario. Puis, les recherches ont commencé, elle a trouvé des partenaires et a entrepris les essais: «J’ai appris sur le tas, c’est un matériau assez complexe, les technologies changent tout le temps. Il y en a qui sont minces, d’autres épais, comment je vais les laver, donc il y a eu une bonne période d’essais-erreurs.». Elle a donc entrepris de développer des produits qui s’adaptent bien aux matériaux.

La spécificité de son entreprise, c’est la récupération. D’abord, la récupération de voiles usagées ou inutilisées. Ce peut-être des voiles brisées, des voiles offertes en surplus à l’achat et qui n’ont simplement pas été utilisées, etc. Bien sûr, elle utilise les parties qui sont peu endommagées, les lave, puis ajoute une doublure hydrofuge. Chaque produit a un traitement spécifique.

Natalie Tessier de Ga-Oh

Bref, elle apprécie l’unicité de chaque produit qu’elle conçoit et le fait que chaque don de voile reçu devient une surprise à déballer. D’ailleurs, chaque voile est personnalisée. Natalie tient un inventaire de la provenance de chacune et l’indique sur une étiquette que pourra conserver le nouveau propriétaire.

Ses tissus sont de grande qualité et résistants à l’eau. Outre la voile qui est récupérée, elle utilise aussi les chutes d’entreprises (notamment une entreprise qui fabrique des auvents) pour créer la toile. Les tissus sont neufs, mais le principe de réutilisation est conservé puisque ces chutes seraient autrement jetées. Au final, l’entreprise Ga-Oh privilégie des valeurs écoresponsables à travers ses produits qui sont végans et fabriqués localement.

Si son atelier est toujours à la maison, elle regarde déjà pour l’agrandir et peut-être posséder son atelier-boutique qui permettrait aux clients de voir et de comprendre le produit et d’en constater le travail et la qualité. Cette qualité qui, pour Natalie, est primordiale : «ce n’est pas parce que c’est du recyclé que ça doit avoir l’air du recyclé.  On m’a déjà demandé si c’était du neuf!», raconte-t-elle en riant. Elle collabore aussi avec le milieu nautique et souhaite continuer, entre autres, à travers la création d’événements.

Comme elle fait de la voile, peut-être un jour la verrons-nous sur le fleuve St-Laurent faire ses livraisons en voile (raconte–t-elle rieuse)!

Alice in Montréal

 D’origine française, Aurélia Turon-Lagot rêvait de venir étudier le design à Montréal. En 2011, elle concrétise ce rêve et entame des études en design à l’UQAM. C’est lors d’un cours durant lequel elle devait imaginer un produit souvenir pour Montréal que l’idée est née: celui d’un produit arborant le «skyline» montréalais en ardoise.

Entrepreneuse dans l’âme, elle a tout de suite contacté une boutique, puis un blogue, puis l’intérêt grandissant des gens a eu raison de son idée qui est désormais son gagne-pain.

Pour créer, Aurélia s’inspire des voyages des gens: les endroits qu’ils ont visités, qu’ils ont appréciés. À partir de photos qu’ils lui envoient, elle leur envoie un premier dessin, puis elle crée son pochoir découpé dans un vinyle adhésif qu’elle colle sur la tasse et qui lui permet de peindre avec sa peinture ardoise. Tous les détails sont grattés au scalpel (fenêtres et détails architecturaux).

La communication et le marketing ne sont pas problématiques pour la jeune entrepreneuse-artisane. Par contre, tout ce qui concerne la comptabilité et la gestion est difficile. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle s’est inscrite à Quartier artisan: mieux se structurer, comprendre le fonctionnement, la gestion, échanger avec d’autres artisans et entrepreneurs, etc.

Aurélia de Alice In Montreal

Ses valeurs écoresponsables dictent tout de même ses décisions. Aurélia souhaite garder le plus possible sa production au Québec, produire le moins de déchets possible, de créer des produits recyclables et utiles. C’est pourquoi elle propose deux modèles de tasses: un modèle moins cher et plus accessible, produit en Chine, et un modèle local, produit par un artisan québécois. Tranquillement, elle souhaite n’offrir que le deuxième modèle.

Après plus de quatre ans à faire fonctionner son entreprise et à tout produire à la main, Aurélia voit grand. Pour augmenter son volume, elle cherche des pistes pour industrialiser son produit localement. Ce qui lui permettrait, du même coup, à étendre son marché à travers tout le pays, les États-Unis et même ailleurs dans le monde.

HotelMotel

Atelier Hotel Motel a osé se lancer dans une industrie peu exploitée au Québec: la chaussure. Corrine Bourget, Niki Jessup et Andrew Doiron, les trois entrepreneurs derrière cette entreprise étaient déjà dans l’industrie de la chaussure et s’étaient déjà rencontrés dans des formations de maîtres en chaussures au Centre des Métiers du Cuir de Montréal. Corrine Bourget avait une entreprise de fabrication de portefeuilles et accessoires en cuir. «Je trouvais ça difficile de tout faire toute seule. J’ai travaillé pour des entreprises dans l’industrie surtout pour prendre de l’expérience, car je savais au fond de moi que je voulais faire mes propres créations», explique l’entrepreneuse. Elle partage alors les mêmes ambitions que Niki et Andrew et ensemble ils en viennent à la conclusion «qu’il serait mieux d’allier nos forces pour démarrer une entreprise qui peut prendre plus d’envergure plus rapidement».

«En faisant une formation de fabrication de sneakers, nous avons réalisé que ce modèle de chaussures était rarement fabriqué à la main, mais que pour nous, il était plus facile de le faire dans un temps de fabrication raisonnable comparativement à d’autres types de chaussures», explique Corinne. Ils constatent aussi le caractère très artisanale et monochrome – monotone – du cuir. Ils décident donc d’innover en allant chercher une stylistique plus urbaine et contemporaine. «Le nom Hotelmotel découle de cette volonté de se distancer de ce qui se fait déjà.  On représente la contradiction entre le fait main haut de gamme et la mode de rue», explique l’entrepreneuse.

L’équipe d’Atelier HotelMotel

Leur processus créatif démarre avec la matière: le choix du cuir et des couleurs. Par la suite, s’ajoutent les composantes comme les semelles et la quincaillerie, puis les contraintes techniques comme la fonctionnalité et le confort. Le tout devant s’harmoniser, bien entendu.

Corinne Bourget avait déjà suivi plusieurs formations en entrepreneuriat au Saje et à l’École des Jeunes Entrepreneurs en Martinique. Toutefois, Elle apprécie grandement les conseils précieux qu’offre Quartier Artisan. Elle explique: «Quartier Artisan nous donne accès à un réseau de professionnels et de contacts avec d’autres artisans qui traversent les mêmes étapes de croissance que nous. [Il] nous pousse à voir plus grand, à nous fixer des objectifs plus hauts, à développer un plan d’actions concret pour l’avenir et leur appui nous donne confiance en notre capacité de réussir».

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