La roue de la croissance : Entrevue avec Ali Taieb

La roue de la croissance : Entrevue avec Ali Taieb

Auteur : Émilie Giguère

Depuis 10 ans, Ali Taieb travaille comme conseiller en gestion de la croissance à l’École des Entrepreneurs du Québec. Titulaire d’un baccalauréat en finances, d’une maîtrise en création et gestion des PME ainsi que d’un MBA en conseil et management, il a également œuvré comme entrepreneur-dirigeant d’une entreprise d’emballage de produits alimentaires. Fort des connaissances acquises dans sa formation académique et d’une expérience professionnelle reliée à l’entrepreneuriat, il souhaite, à travers son intervention au Quartier Artisan, sensibiliser les artisans à l’entreprise, au monde des affaires, à la finance et à la gestion, afin qu’ils deviennent de meilleurs gestionnaires et développent des compétences entrepreneuriales.

« L’artisan ne doit pas s’oublier dans son entreprise. Il doit prendre conscience qu’il doit évoluer avec elle. Il possède une expertise technique, mais son rôle se modifie au fil du temps et devient de plus en plus un rôle de gestionnaire. L’artisan est donc appelé à développer ses compétences dans la majorité des fonctions de l’entreprise. »

L’intervention d’Ali au Quartier artisan était basée sur la « Roue de la Croissance », méthodologie créée par l’École des Entrepreneurs se basant sur plus de 20 ans d’expérience de conseillers et d’accompagnements de PME de divers secteurs d’activités.

Ce que propose le concept de Roue de la Croissance ? Voir la croissance des petites entreprises différemment de celles des grandes entreprises.

« Certains entrepreneurs ont parfois du mal à se dissocier de leur entreprise. Cette méthodologie comprend donc deux volets pour remédier à cette difficulté, soit le volet entreprise et le volet entrepreneur. »

À travers 4 phases, la Roue de la Croissance représente les étapes qu’une entreprise et qu’un entrepreneur franchiront depuis son démarrage vers le premier cycle  de croissance.

  1. Positionner : Au démarrage, l’entrepreneur positionnera son offre, dénotera ses avantages concurrentiels et certains feront un plan d’affaires. À cette étape, l’artisan, qui est expert de son domaine, doit de son côté développer ses compétences entrepreneuriales et son expertise du marché.
  2. Vendre : Après avoir bien défini et positionné le projet, il faut passer à l’action en faisant un test de marché. L’entreprise ne vend pas que pour vendre et elle doit s’assurer d’atteindre son seuil de rentabilité en couvrant ses coûts et de réaliser des profits. L’artisan développe, dans cette phase, ses compétences en ventes.
  3. Structurer : Après avoir atteint le seuil de rentabilité, l’entreprise doit se structurer, en recrutant, en revoyant les processus, en changeant les façons de faire, en améliorant les méthodes, etc. Il s’agit de peaufiner les stratégies de départ afin de s’assurer une structure rentable permanente pour les années à venir. L’artisan doit, de son côté, évoluer en acquérant des compétences de gestionnaire-analyste, qui impliqueront les changements dans les opérations, le marketing, le recrutement, etc.
  4. Maximiser : L’entreprise veut, au final, optimiser son modèle en maximisant ce qu’elle a bâti avant d’aller chercher un autre marché. Le principe est de vendre plus aux clients actuels dans le marché actuel en développant son offre selon les besoins. Ceci suppose une stratégie de fidélisation et du service à la clientèle efficace.  Après cette étape, l’entreprise a déjà fait un tour de roue et suppose que son modèle d’affaires basé sur la  récurrence de vente est finalisé. L’artisan quant à lui développe, à cette phase finale, des compétences de directeur des ventes.

« Quand l’entreprise opère et est en exploitation, elle peut rencontrer plusieurs difficultés. L’entrepreneur doit identifier à chaque étape quel élément bloque sa croissance, comme le manque de ressources au niveau humain ou le manque de financement, pour y trouver une solution et passer à la prochaine étape. Il doit donc être très sensible à son environnement. »

Pour croître, l’entreprise doit faire un autre tour de roue, en allant chercher un autre territoire, une autre clientèle ou un autre marché. Plus la roue de la croissance tourne, plus l’entreprise génère de la croissance. L’élément le plus déterminant qui désigne à quel moment on arrêtera de tourner et de croître est la vision de l’entreprise, qui est au cœur de la roue de la croissance. Une vision et des objectifs clairs permettent de faire un réel plan d’actions et d’avancer.

« Les artisans sont passionnés de leur domaine. Quand je travaille avec eux, je sens un très grand engagement à leur métier, à leur domaine et à leur produit. Au-delà de la création d’une entreprise et des objectifs monétaires, ils sont convaincus de ce qu’ils font et transmettent cette passion à leur entreprise. »

Aller à la barre d’outils