Trouver l’ADN de sa marque : Entrevue avec Renaud Margairaz

Trouver l’ADN de sa marque : Entrevue avec Renaud Margairaz

Auteur : Émilie Giguère

« Certains artisans parlent de leur projet comme si c’était eux la marque. C’est bien au niveau de l’authenticité, mais ça peut aussi freiner le développement de l’entreprise. D’autres créent une marque de laquelle ils se détachent, qui devient  davantage une marque « produit ». Dans ces situations-là, on ne comprend pas l’histoire de l’artisan et, donc il peut manquer un peu de naturel », explique Renaud Margairaz, coach dans l’accélérateur des artisans du Québec de Quartier artisan et fondateur d’Éminence, première agence spécialisée en branding personnel au Québec.

 Renaud est originaire de Lausanne, en Suisse. C’est grâce à un échange étudiant qu’il a connu le Québec. Durant son parcours, il a travaillé au Mexique, au sein de Swatch Group Mexico. Après ses études, il est retourné dans son pays natal pour épauler son père dans les défis de l’entreprise familiale. C’est en apportant son aide à cette entreprise qu’il s’est découvert un intérêt pour soutenir les dirigeants en situation difficile. À son retour au Québec, il fonde « Éminence » afin de continuer à avoir un impact positif sur les entrepreneurs.  À Quartier artisan, il intervient au tout début du parcours d’accélération. Son rôle est de « grounder » les artisans et les aider à identifier l’ADN de leur marque. « Parce qu’au fond, une marque artisane, c’est une marque extrêmement liée au fondateur », explique-t-il.

L’élément différenciateur d’une marque artisane, c’est par définition l’artisan, avec ses valeurs et son « POURQUOI ». Le « POURQUOI », ce sont les convictions, les valeurs, l’impact que l’artisan veut créer avec son travail et la raison pour laquelle les gens devraient l’écouter. Son intervention  a donc tourné autour du modèle du cercle d’or de Simon Sinek.

« Je veux aider les artisans à déterminer et à créer une marque forte, pour s’éloigner du marché de la commodité. On veut qu’ils soient dans un marché de haute valeur ajoutée, qui marie le fonctionnel et l’émotionnel »

Et comment on fait pour y arriver, lui a-t-on demandé?

  • Comprendre l’état actuel de sa marque : Les artisans pensent souvent à ce qu’ils vont faire plus tard et à ce qui s’en vient. La réalité est que leur marque existe déjà. La marque, c’est ce que les gens disent quand vous n’êtes pas dans la pièce ou pour vous référencer à un ami. Il faut commencer par en prendre conscience avant de chercher à la modifier.
  • Prendre du recul sur soi : L’artisan fait partie intégrante de la marque. Dans l’atelier je pose des questions aux artisans pour connaître leurs plus grandes qualités, leurs rêves et leurs valeurs. Ces questions permettent de définir l’ADN de la marque, puisque l’artisan n’ira pas complètement à l’opposé de ses valeurs pour créer son entreprise. Il faut qu’il puisse prendre du recul pour se connaître et définir les grands piliers de sa marque.
  • Bien comprendre à qui on s’adresse : Les audiences et les clients ne se ressemblent pas! Il est important de réussir à aligner les messages. Ce sera le but du second atelier : quand on a défini le cœur du message, il faut ensuite comprendre comment on va le communiquer. C’est un travail d’empathie, il faut aller comprendre à qui on parle et ce que l’on veut transmettre comme émotion.

Finalement, Renaud nous rappelle que les artisans ont toujours des produits bon et bien fait, il suffit dès lors qu’ils soient vus et reconnus à leur juste valeur. « Ce sont des gens passionnés par ce qu’ils font. Ils sont curieux et ils posent des questions très pertinentes! Quand je finis de travailler avec eux, je sors de là plein d’énergie! On sent vraiment qu’il y a du progrès et que les artisans veulent apprendre ».

 

 

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