Les métiers d’art et l’innovation technique selon Amélie Proulx – À Fabcamp

Les métiers d’art et l’innovation technique selon Amélie Proulx – À Fabcamp

C’est au début des années deux-mille qu’Amélie découvre la porcelaine, matière qui restera au cœur de sa pratique artistique. Intéressée par « la métamorphose des phénomènes naturels et à leur transformation dans l’espace et le temps », elle se dirige vers les technologies pour rendre « la porcelaine normalement inerte après la cuisson encore souple et vivante ». Une vision qu’elle met en œuvre et qui lui a valu, en 2013, le RBC Emerging Artist People’s Choice Award présenté au Gardiner Museum de Toronto et le  Winifred Shantz Award for Ceramics du Canadian Clay and Glass Gallery en 2016. Pour discuter de l’intégration des technologies aux pratiques des arts et son influence sur la création, la matière et le développement d’une carrière, il était inévitable de contacter Amélie, conférencière lors du Fabcamp le 12 octobre prochain.

 Crédit photo : Kohler Co

Pour l’artiste, « les technologies offrent des nouvelles possibilités de création ». Elle n’hésite pas à inclure des éléments électroniques et mécaniques à ses œuvres, et à utiliser la modélisation 3D pour réaliser des formes et des textures qu’elle n’aurait pas pu produire avec les techniques traditionnelles. Récemment, elle a produit une œuvre composée de pièces en céramique moulées à partir d’une patte de castor scanné en 3D. «  Après l’avoir scanné, j’ai agrandi la patte pour en imprimer une version 3D plus grande et plus précise de ce que j’aurai pu faire à la main ».  

Et si elle pense que «  tous les créateurs aujourd’hui doivent être au courant des développements technologiques, même s’ils n’en font pas usage », elle reconnait que ce n’est pas sans défi.  « Si j’avais su l’ampleur de la tâche qui m’attendait, j’aurais hésité à le faire », avoue l’artiste. Mais une fois lancé, il lui était difficile de reculer. Elle a donc pris des cours au BAC en électronique et en programmation de microcontrôleur.

C’est donc avec beaucoup de détermination et une grande dose de créativité qu’Amélie a su repousser les limites de sa matière de prédilection, la porcelaine. Et si elle y est parvenue, c’est parce qu’elle a fait de l’innovation une démarche globale qui s’est développée par recherche et développement. « Je dis souvent à mes élèves qu’une œuvre se crée en faisant. C’est un travail qui s’expérimente et ne se planifie pas », explique l’artiste. Elle dédie donc 50% de son temps à la recherche et l’expérimentation, pratique duquel a émergé l’unicité de son art.

Ne manquez pas sa conférence « Porcelaine numérique : quand la recherche redéfinit les limites du possible », le 12 octobre à Lac-Mégantic.

Amélie Proulx – Crédit photo : Kohler Co

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